Lettre d’amour aux flux RSS

Logo des flux RSS dont des cœurs s'échappent, avec le titre "Lettre d'amour aux flux RSS"

Comment vous informez-vous en ligne ? Quel chemin empruntez-vous lorsque vous prenez votre smartphone et décidez d’aller sur les internets ? Qui décide de ce que vous allez lire, voir, écouter ?

Statistiquement, il y a de fortes chances pour que vous me répondiez “les réseaux sociaux”. Environ deux tiers de la population mondiale sont actif-ves sur les réseaux sociaux, plus des trois quarts en Europe de l’ouest selon les chiffres de We Are Social et Meltwater en 2026.

Honnêtement, moi aussi. Mais j’essaie de me soigner. Notamment en repassant aux flux RSS pour lire les articles de presse et de blogs qui m’intéressent.

RSS ?

Les flux RSS sont une technologie d’internet où un site va mettre à disposition un fil d’actualités qui pourra être lu et mis à jour automatiquement. Pour lire des flux, on utilise un agrégateur et on s’abonne aux sites qui nous intéressent.

Ainsi, on se crée un fil personnalisé qui nous affichera les derniers articles des sites suivis dans l’ordre chronologique.

Il existe de nombreux services d’agrégation de flux, que ce soit un logiciel ou application, un service en ligne ou un outil à héberger et gérer soi-même. J’en propose une liste à la fin de cet article.

Lire et écrire ce que je veux

Si vous utilisez des réseaux sociaux basés sur de la recommandation algorithmique (Instagram, TikTok, Facebook, LinkedIn…), vous avez certainement remarqué que votre fil de publications n’affiche pas les derniers posts des comptes que vous suivez en priorité. L’algorithme vous affichera ce qu’il juge pertinent pour vous, basé sur ce que vous suivez et ce avec quoi vous interagissez, et sur d’autres paramètres très obscurs propres à chaque plateforme.

Pour “plaire à l’algorithme” et avoir plus de chance d’être visibles, les créateurices de contenu vont redoubler d’efforts et adapter ce qu’iels publient. Montrer son visage, inciter le lectorat à commenter, voire ne pas utiliser de mots qui risquent d’être censurés. C’est ainsi qu’on a vu fleurir ces dernières années “l’algospeak”, tout un vocabulaire servant à utiliser des mots “sensibles” sans en avoir l’air en changeant leur orthographe ou en utilisant des émojis.

Avec un blog personnel, je ne dépends pas d’une plateforme qui va m’empêcher de parler ouvertement de racisme ou de sexisme, de la Palestine ou de violences policières. Mais ça, je l’évoquais déjà il y a 4 ans dans un article dédié.

Quand on décide de décentraliser ses sources d’information, il est utile d’avoir un outil pour rassembler tous ces sites, médias et blogs qui nous intéressent pour les lire plus facilement. C’est là que les flux RSS et les agrégateurs sont utiles.

Rendre le podium aux créateurices

En plus des réseaux sociaux, les résumés IA qui pullulent sur nos moteurs de recherche ces dernières années réduisent encore le trafic des sites internet. Nous sommes dans l’ère de l’économie de l’attention, et les plateformes veulent conserver la nôtre le plus longtemps possible.

Pourtant, on n’est pas obligé-es de la donner à des personnes qui ne nous intéressent finalement pas tant que ça, ni à des marques qui détruisent la planète, et encore moins à des réseaux qui appartiennent à des hommes plus ou moins ouvertement fascistes.

Se créer un fil de flux RSS et retourner lire des blogs, c’est dire aux créateurices que leur travail compte et qu’il est digne de notre temps. C’est se sortir d’un internet où ce qu’on voit nous est proposé par des machines comme le dit très justement Pauline Harmange dans sa newsletter de février 2026. C’est remettre de l’humanité dans ce qu’on lit.

Allez on s’y met !

Si ça vous a donné envie, voilà quelques étapes à suivre.

  • Choisir un agrégateur de flux. J’en propose une liste à la fin de cet article.
  • Faire la sélection des sites qu’on veut suivre. On peut regarder ce qu’on a enregistré en favoris du navigateur ou nos abonnements sur les réseaux sociaux.
  • Trouver le flux RSS du site et en copier l’adresse. On peut souvent les trouver dans le footer avec le pictogramme orange ou simplement la mention RSS. Selon le service d’agrégation et la source du flux, l’url de l’accueil ou de la page actualités peut parfois suffire.
  • Dans l’agrégateur, cliquer sur le bouton d’ajout de flux et coller l’adresse puis valider.
  • A partir d’un certain nombre de sources, il peut être utile de les classer en dossiers ou catégories. Par exemple, mes flux sont répartis dans numérique, entreprenariat, politique, blogs et illustration.
  • Certains agrégateurs vont faire la recherche de nouveaux articles à intervalles réguliers (et parfois paramétrables), d’autres ne le feront que manuellement. Dans une logique low tech, je préfère cette solution ou une fréquence de mise à jour de plusieurs heures.
  • Bravo, vous pourrez désormais voir les actualités de vos sites et blogs préférés dans votre outil !

Quelques agrégateurs de flux RSS

  • Si vous utilisez le logiciel Thunderbird pour lire vos mails, vous pouvez vous abonner à des Flux RSS. Tout est expliqué dans leur documentation.
  • Feedbro est une extension de navigateur pour suivre des flux. Elle est facile à installer et ne nécessite pas de créer un compte, ce qui en fait une bonne option pour débuter.
  • En service web propriétaire, Inoreader est un outil régulièrement recommandé par les internautes. Sa version gratuite est suffisante pour une utilisation personnelle.
  • Feedly est probablement l’agrégateur le plus connu, mais je trouve que sa version gratuite est très limitée.
  • Sur Android, l’appli libre Feeder est très recommandée.
  • FreshRSS en auto-hébergé : c’est celui que j’utilise puisque j’ai accès à un hébergement web pour mon site internet. Il est gratuit, simple à mettre en place et open source.
  • Tiny Tiny RSS est également un agrégateur auto-hébergé libre assez populaire.

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